Gilets jaunes et sécurité routière : « La dégradation du parc radars provoquera des morts »

C’est un effet inattendu de la crise des « gilets jaunes » et d’un mode d’action en particulier : les radars routiers, cassés, peints, ou recouverts. Mais ces radars cassés peuvent encore mesurer les vitesses et ce qu’ils enregistrent est inquiétant, selon Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière.

Radar élégamment vêtu d'un gilet jaune

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Il aura beau être enturbané d’un gilet jaune ou d’un sac poubelle, ou maculé de peinture, un radar n’est pas tout à fait mort, explique Emmanuel Barbe : « Ce qu’il faut comprendre d’un radar, c’est qu’il a deux systèmes : un qui mesure la vitesse, et un qui prend une photographie lorsque la vitesse dépasse celle autorisée. Actuellement, un certain nombre de radars mesurent la vitesse mais ne sont plus capables de prendre de photographie. »

Pas de photographie, pas de verbalisation. Or depuis le mois de novembre, les automobilistes ont pu identifier les engins hors service. Et comme ils ne risquent plus de sanction, beaucoup en profitent allègrement : le nombre de d’excès de vitesse a bondi de 20 % au mois de décembre.

« Abimer les radars, c’est baisser le niveau de sécurité »

Et cela ne sera pas sans conséquence, se désole le délégué à la Sécurité routière : « Cette dégradation du parc radars, qui est très sensible, provoquera des morts. Et ça me rend profondément triste : _en 2017, 3.400 personnes tuées sur les routes, 24.000 blessés graves_, c’est pas de la rigolade. »

La sécurité routière, c’est une question de vie ou de mort, ou de blessure, ou de handicap, ou de mutilation, je ne sais pas comment il faut le dire. Abimer les radars, c’est baisser le niveau de sécurité de tous.

Emmanuel Barbe dit également savoir que les radars sont impopulaires, et donc plus exposés à la colère des automobilistes. Mais il rappelle aussi que les statistiques vont dans son sens, notamment les comparatifs sur les zones passées de 90 à 80 km/h au maximum : 200 morts de moins sur ces routes, entre novembre 2017 et novembre 2018. Une tendance qui s’est manifestement érodée en décembre dernier.

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