lutte contre la désinformation: Non le 30 km/h en ville ne pollue pas plus, au contraire

Les suppôts des lobbies vroum vroum ont encore frappé avec une campagne contre le 30 km/h en ville en affirmant que rouler à 30 km/h provoque plus de pollution et fait perdre beaucoup de temps. Ils cherchent même à faire peur en disant que le risque de carjacking serait plus grand à 30 km/h, en gros la vitesse vous protégerait des agressions. C’est du délire!

Perte de temps à 30 km/h? Plus de pollution à 30 km/h?

Tout d’abord, ils détournent des études de l’ADEME et du CEREMA avec le constat qu’à la vitesse MOYENNE de 30 km/h un moteur à combustion produit plus de polluants qu’à 50 km/h. C’est vrai mais la vitesse MOYENNE de 50 km/h est IMPOSSIBLE en ville car il y a trop de facteurs qui empêchent de conserver une vitesse constante pendant une longue période: les feux de circulation, les stops, les piétons, les cyclistes, les livreurs en double file, etc… il est quasiment impossible de conserver longtemps le 50 km/h en ville. Pour que la vitesse MOYENNE soit 50 km/h il faudrait rouler à 70, 80, voire 90 km/h pour compenser les arrêts, les ralentissements. Ainsi la vitesse moyenne en ville est estimée à 18,9 km/h quand on respecte la limitation de vitesse à 50 km/h. La vitesse moyenne « tombe » à ….17,3 km/h quand la limitation est à 30 km/h.

 

Vitesses moyennes pratiquées de jour par les véhicules de tourisme sur le réseau routier en France en 2018,

selon le réseau

Cette statistique montre que la vitesse sur les artères en centre-ville la vitesse moyenne est de 44 km/h quand la vitesse maximale autorisée est de 50 km/h. Dans les villes 30 km/h les artères restent limitées à 50 km/h. Donc où est le problème?

Le 30 km/h a ainsi une autre vertu, celle d’éviter que certains prennent des raccourcis dans les petites rues calmes pour gagner du temps en y roulant trop vite. Les applications de GPS, Waze, etc incitent ces gens pressés à emprunter des voies qui ne sont pas prévues pour supporter un tel trafic. Ce trafic parasite augmente l’insécurité routière, les nuisances phoniques, la pollution au détriment de la qualité de vie.

 

Les pointes de vitesse font consommer 65% de plus, c’est autant de pollution en plus

La courbe des vitesses montre de fréquentes rupture avec des accélérations et des freinages. Les accélérations provoquent une surconsommation d’autant plus élevée qu’elles sont brutales, jusqu’à 65% de plus, les freinages sont des pertes d’énergie et la source d’émission de microparticules des disques de freins. Des freinages plus fréquents et plus puissants donc beaucoup plus de microparticules, plus d’usure des pneumatiques, plus de pollution.

Le 30 km/h va peu influer sur le temps de parcours car c’est la vitesse moyenne qui compte pas les pointes de vitesse qui donnent une illusion de rapidité. Combien de fois a-t-on constaté que celui qui vous a dépassé en trombe se retrouve un peu plus loin bloqué au prochain feu en même temps que vous? Son accélération brutale est un gaspillage d’énergie idiot. Il va même perdre du temps au final car il va aller devoir plus souvent que vous à la station de carburant, son budget carburant est plus important, son bilan carbone exécrable. Quelques secondes illusoires que la brute croit avoir gagnées et quelques frissons pour flatter son ego, cela semble bien futile lorsqu’il est si simple d’adopter une attitude plus respectueuse pour les autres et pour le climat dont les dérèglements sont de plus en plus importants.

Ce diagramme explique la futilité des pointes de vitesse, le gain de temps est minime.  

Ainsi les affirmations du lobby automobile sont FAUSSES!

 

Et si au contraire le 30 km/h permettait d’augmenter la vitesse moyenne en polluant moins?

A 50 km/h l’énergie cinétique d’un véhicule est 2,77 fois plus élevée qu’à 30 km/h, le temps de réaction d’une personne non distraite est d’environ une seconde, le tableau suivant démontre que la distance d’arrêt est plus que doublée.

condition v0
[km/h]
v0
[m/s]
réaction
[m]
freinage
[m]
arrêt
[m]
distance d’arrêt
centre-ville sec 30 8 8 3 11  1,75 secondes
centre-ville mouillé 30 8 8 4 12  2 secondes
agglomération sec 50 14 14 9 23  2,25 secondes
agglomération mouillé 50 14 14 11 25  2,6 secondes

Eviter un accident est ainsi beaucoup plus facile à 30 km/h qu’à 50 km/h. Il est même possible dans ces conditions de transformer des stops en céder le passage car une moindre vitesse diminue le risque d’accidents graves aux intersections. 

De ce fait la simulation montre que le 30 km/h va permettre un gain de temps et une économie de carburant.

 

Vitesse et nuisances sonores

On peut aussi évoquer les nuisances sonores qui sont beaucoup plus stressantes lorsque la vitesse augmente. Les études sanitaires montrent que le bruit d’une rue à fort trafic est un réel risque pour la santé.

 

Rapport de l’Afsset (agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail ) Bruit et santé:

« Les bruits liés aux transports routiers. Le réseau routier et la circulation automobile citadine, de jour comme de nuit, ne cessent de s’accroître. En conséquence, les niveaux sonores mesurés en façade n’ont pas diminué depuis 30 ans, même si, par ailleurs, on note une légère réduction des points noirs en zone périurbaine. »

 

« Le bruit est capable d’influencer une partie des activités inconscientes de l’organisme (rythme cardiaque, respiration, digestion) de jour comme de nuit. »

« La pollution sonore n’est pas seulement une nuisance environnementale mais aussi une menace pour la santé publique », a commenté Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe, à l’occasion de la publication du rapport de l’organisation mondiale.

Selon cette enquête (téléchargeable en anglais), le bruit est la seconde “charge de morbidité” la plus importante et n’est dépassée que par la pollution atmosphérique.
 
1 personne sur 3 est exposée à des nuisances sonores pendant la journée, et 1 sur 5 présente des troubles du sommeil dus à des nuisances induites par le bruit des transports routiers, ferroviaires et aériens.

 

Le 30 km/h est un véritable progrès pour la sécurité des usagers faibles

La diminution des vitesses de pointe améliore considérablement la sécurité des autres usagers, notamment celle des usagers faibles que sont les piétons et les cyclistes.

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