Piétons, deux-roues, voitures, des rapports difficiles au détriment des plus faibles

Selon une étude publiée ce mardi, 56 % des piétons ont peur d’emprunter les passages « protégés ». Et ils ont raison.

Ne pas céder le passage à un piéton est une infraction entraînant la perte de 4 points sur le permis de conduire ainsi qu’une amende de 4e classe de 135 euros forfaitaire

L’article R415-11 du Code la route précise la nécessité pour les autres usagers de la route (automobile, cyclomoteurs, vélos et tous les autres) de laisser la priorité aux piétons engagés sur la chaussée même si ce dernier traverse alors que le feu piéton est rouge (bonhomme rouge).

Le téléphone, ennemi public n°1, Connaissez-vous les «smombies» ? nouvelle espèce de piéton qui téléphone sans faire attention aux autres usagers ou traverse sans regarder et plus dangereux : l’automobiliste qui consulte son téléphone au volant, soit 74 % des sondés.

71% des automobilistes estiment difficile de partager la route avec les piétons.
il s’avère que, majoritairement, les Français n’envisagent le partage de la route qu’avec ceux qui utilisent le même mode de transport qu’eux.

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Plus de la moitié des piétons craignent les passages protégés

(Le Parisien 27/06/2017 Coralie Garandeau)

C’est un carrefour dans un quartier résidentiel de l’Est parisien : une mère accrochée à sa poussette, un garçon en trottinette, une vieille dame avec une canne. Tous attendent au feu, l’œil rivé sur le petit bonhomme. Quand celui-ci vire au vert, le groupe avance prudemment avant de se figer unanimement. Un scooter vient de surgir par la gauche, sans un regard aucun pour eux. Les passages piétons sont les zones de tous les dangers dans les villes, au point que 56 % des personnes interrogées par OpinionWay, pour une étude que publie aujourd’hui GMF
Assurances, disent régulièrement éprouver de l’appréhension au moment de traverser !

«On les appelle passages protégés, mais il n’en est rien», affirme Julie Cabuzel, responsable de la prévention pour la compagnie d’assurances. Les chiffres publiés lundi par le ministère de l’Intérieur confirment cette réalité.

Parmi les 3 477 tués de la route en 2016, on déplore 559 décès de piétons, soit une hausse de 19 % par rapport à 2015 ! L’étude de l’assureur révèle que la moitié des Français adoptent des comportements dangereux près de ces zones piétonnes. Ainsi, 45 % des conducteurs hésitent entre accélérer et freiner quand le feu passe à l’orange aux abords d’un passage piétons. Et la même proportion de piétons (45 %) déclare qu’il leur arrive régulièrement de traverser alors que le feu piéton vient de passer au rouge.

Les plus de 75 ans particulièrement vulnérables  «C’est grave, car la signalisation n’est pas là pour nous freiner et nous faire rater notre métro, mais elle existe pour nous permettre de rester en vie !» commente Julie Cabuzel. Sur un carrefour, un simple moment d’hésitation constitue un danger : un quart des personnes interrogées (23 %) éprouvent des doutes sur les règles de priorité aux abords des passages piétons. Les plus vulnérables sont les piétons de plus de 75 ans, avec 47 victimes supplémentaires par rapport à 2015.
«Nous sommes plus lents, plus sourds et extrêmement exposés !» commente Jean-Paul Lechevalier, de l’association les Droits du piéton, tandis qu’Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière, appelle au «civisme et au respect des aînés».
Jean-Paul Lechevalier veut «inciter les villes à investir dans les technologies, et équiper les passages piétons de caméras pour punir ceux qui grillent les feux rouges, et notamment les deux-roues». Calais (Pas-de-Calais) teste depuis six mois ce radar piéton.
Strasbourg (Bas-Rhin) a de son côté mis en place un compteur qui affiche le temps qu’il reste pour traverser.
Un dispositif qui a dû faire l’objet d’un léger aménagement et n’est désormais plus visible que des piétons. Il était utilisé comme «top départ» pour les automobilistes qui démarraient en trombe !

Le téléphone, ennemi public n°1
Connaissez-vous les «smombies» ? Cette contraction des mots smartphone et zombie désigne cette nouvelle espèce de piéton qui téléphone sans faire attention aux autres usagers ou traverse sans regarder, ou plutôt en regardant son écran, le casque sur les oreilles de surcroît. Ce que déclarent faire 59 % des personnes interrogées pour l’étude OpinionWay-GMF.
Autre smombie, encore plus dangereux : l’automobiliste qui consulte son téléphone au volant, soit 74 % des sondés.

 

58 morts chez les 18-24 ans en 2016
La tendance Je marche penché sur mon téléphone concerne particulièrement les jeunes», note Julie Cabuzel, responsable de la prévention pour l’assureur.
Or, avec 58 morts, les 18-24 ans sont l’autre catégorie de piétons victimes d’accidents de la route, avec les seniors. Un chiffre en hausse de 50 % par rapport à 2016. «Le smartphone n’est pas systématiquement en cause, mais c’est un facteur de danger supplémentaire», s’alarme Julie Cabuzel.
Pour être visibles des accros au portable qui ne lèvent pas le nez, la ville de Bodegraven, aux Pays-Bas, a eu l’idée géniale de mettre des feux de signalisation piéton… au sol !
Cette étude a été réalisée par OpinionWay pour GMF Assurances, les 15 et 16 mars 2017, auprès d’un échantillon de 1.016 personnes représentatif de la population française.


Le partage de la route, une notion floue pour 70% des automobilistes

(Argus de l’Assurance 27/06/2017 Aurélie Abadie)
Selon une enquête de GMF Assurances, le passage piétons est dangereux pour un Français sur deux. 71% des automobilistes estiment difficile de partager la route avec les piétons.

Le partage de la route, nouvel enjeu de la sécurité routière. Après s’être focalisée sur les dangers de l’alcool au volant et le port du casque pour les deux-roues, la prévention routière cible désormais les usagers dits « vulnérables » c’est-à-dire les piétons, les cyclistes et en particulier les seniors. Il faut dire que les chiffres sont éloquents : selon le bilan de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), la mortalité piétonnière a grimpé en 2016 de 19% et celle des cyclistes de 9%.

Une enquête conduite par GMF Assurances confirme ce constat : le partage de la route reste une notion floue pour les automobilistes. Seulement 29% estiment qu’il est facile de partager la route avec les piétons, 18% avec les cyclistes et 13% avec les deux roues motorisés. Au total, il s’avère que, majoritairement, les Français n’envisagent le partage de la route qu’avec ceux qui utilisent le même mode de transport qu’eux.

Le passage piétons, un carrefour à risques
Le passage piétons est en particulier considéré comme une zone de danger pour un Français sur deux, qu’il soit automobiliste ou piéton. Près de la moitié des Français adoptent des comportements dangereux à l’abord des passages piétons. Ainsi, 45% des conducteurs déclarent hésiter entre accélérer et freiner quand le feu passe à l’orange aux abords d’un passage piétons. De même, 45% des piétons déclarent qu’il leur arrive régulièrement de traverser alors que le feu piétons vient de passer au rouge. De plus, un quart (23%) des personnes interrogées déclarent éprouver des doutes sur les règles de priorité aux abords des passages piétons.

Pour Julie Cabuzel, Responsable Prévention de GMF Assurances, « A l’heure où se développent les « zones de rencontre » en ville, ce sondage nous montre que le partage de la route est une notion encore théorique et pas encore très bien perçue par tous les usagers quels que soient leur modes de déplacement».

GMF Assurances a donc décidé de sensibiliser le public en utilisant la technologie 360° avec un film intitulé “La route partagée 7 ”. Il permet d’avoir le point de vue subjectif d’une passagère à moto lors d’un trajet en ville et de se rendre compte des multiples risques. Ce film a été réalisé en partenariat avec les Compagnies Motocyclistes de la Préfecture de Police de Paris.


Piétons vs automobilistes : le rude face-à-face

(LePoint.fr 28/06/207 Jacques Chevalier)
Une loi donnant tous les droits aux piétons, quelle que soit leur attitude ou presque, a fini par pourrir les relations avec les usagers motorisés. Si un piéton a longtemps été « un automobiliste qui a trouvé une place », les nouveaux us de la ville, encouragés notamment à Paris par la maire Anne Hidalgo, ont généré une génération montante d’usagers verts, réprouvant pour certains l’automobile. Dans la lutte qui oppose le gain du pavé, ce n’est pas le plus lourd et le plus protégé qui a gagné, mais, bien au contraire, le faible et il ne faudrait pas beaucoup pousser certains pour ajouter « l’opprimé ». Ce clivage se retrouve intégralement dans une enquête Opinionway pour GMF Assurances sur le partage de la route en ville et ne particulier les passages piétons, zone à haut risque bien que nommés aussi « protégés ». Un film instructif a même été tourné afin de montrer quels sont les dangers rencontrés aux feux.

Si pour, selon cette étude, 53 % des Français la voiture reste encore le mode de transport privilégié en ville, c’est un raz-de-marée lorsqu’on considère ce moyen de transport sous l’angle de la sécurité. 83 % des automobilistes la plébiscitent pour cette raison et ce n’est pas que pour les aléas de la circulation, on l’a bien compris. Il est assez normal que, dans ces conditions et sans carrosserie, seulement 32 % des motards et 37 % des cyclistes se sentent aussi en sécurité.

Comme nous l’avons souligné ici même à plusieurs reprises, c’est l’usage du téléphone qui est ressenti comme la principale source de danger de la circulation en ville. Nous ajouterons le croisement hétérogène d’usagers. À l’approche des passages piétons, l’angoisse monte : un conducteur sur deux éprouve de l’appréhension tandis qu’un piéton sur deux a peur de traverser. Ils redoutent en particulier les accidents liés aux erreurs d’inattention avec des conducteurs qui consultent leur téléphone en conduisant (74 %) ou des piétons qui téléphonent sans
faire attention aux autres usagers (53 %).

Toréer le flux de voitures
Mais il y a aussi ceux qui n’ont peur de rien et revendiquent leur propriété sans partage sur le macadam en se jetant devant les voitures au milieu de la circulation. Les caméras embarquées en Russie pour prouver la bonne foi du conducteur devant un piéton suicidaire commencent d’ailleurs à débarquer en France. Et il y a de quoi fixer sur la vidéo embarquée des scènes de lâcheté inimaginables hier encore.

Comme cette scène hallucinante avenue de Villiers ce matin même à Paris où, sur un refuge central pour une traversée de l’artère en deux temps, un piéton irascible a décoché un énorme coup de pied à la voiture qui, dans son droit, passait à ce moment-là. Le temps de se garer, de courir derrière un piéton qui assura que ce n’était pas lui et le pauvre automobiliste est revenu bredouille à sa voiture chiffonnée, sans autre recours.

L’assurance ne prendra pas en charge ce qu’elle considère comme un acte de vandalisme et un dépôt de plainte ne conduira même pas à un relevé des images vidéo par un enquêteur. Si la préfecture de police veut nous démontrer le contraire, nous tenons à sa disposition les circonstances précises de la mauvaise rencontre.
Passage piétons © DR
Cédez le passage !
Rares ce genre de comportements ? Pas du tout, mais comme ils ne donnent pas lieu à un constat, il est difficile de les quantifier. Le signataire de ces lignes a eu droit un jour à un énorme coup de poing sur le toit d’une voiture et une autre fois à un crachat sur le capot d’une sportive qu’il conduisait ce jour-là. Sans parler des coups de clés vengeurs sur des carrosseries griffées jusqu’au métal par de petits justiciers, dont on ne connaît pas la juste cause.

Voilà où en est aujourd’hui la relation tendue entre piétons et automobilistes, les premiers estimant depuis la funeste loi Badinter du 5 juillet 1985 détenir un droit inamovible sur le territoire urbain, une priorité absolue qui fournit, quelles que soient les circonstances ou presque, réparation au piéton en cas d’incident. Normal dira le législateur pragmatique puisque seul l’automobiliste est réellement assuré. À lui de payer quoi qu’il arrive.

Et la marge est large, comme le rapporte le site Legipermis. « Le piéton est l’usager le plus protégé par le Code de la route. Sa position est paradoxale, car il a d’une part toujours la priorité quoi qu’il arrive sur la chaussée, mais il a aussi des devoirs dont les infractions peuvent engager sa responsabilité en cas de dommages. Ne pas céder le passage à un piéton est une infraction entraînant la perte de 4 points sur le permis de conduire ainsi qu’une amende de 4e classe de 135 euros forfaitaire. »

L’article R415-11 du Code la route précise la nécessité pour les autres usagers de la route (automobile, cyclomoteurs, vélos et tous les autres) de laisser la priorité aux piétons engagés sur la chaussée même si ce dernier traverse alors que le feu piéton est rouge (bonhomme rouge). Le piéton peut commettre des infractions, mais il garde la priorité quoi qu’il arrive : « Tout conducteur est tenu de céder le passage aux piétons régulièrement engagés dans la traversée d’une chaussée et à ceux circulant dans une zone de rencontre ou une aire piétonne. » L’article R412-6 précise la nécessité pour les usagers motorisés de la route d’avoir une attitude permettant d’anticiper la traversée des piétons sur la chaussée.

Quelle loi Badinter ?
Depuis, cette latitude laissée aux piétons dont seuls sont exclus l’intention manifeste de se suicider ou un comportement volontairement inexcusable, on en voit certains toréer le flux montant qui s’avance au feu vert ou jeter ostensiblement un regard de défi, sans presser le pas, aux automobilistes médusés par autant d’arrogance.

Dès lors, on peut comprendre que pour une majorité de Français, il est plus sûr de circuler à la campagne qu’en ville (65 % contre 33 %). Les trois quarts des personnes circulant à pied en ville (76 %) déclarent également se sentir en sécurité sur leur parcours. Un résultat qui se délite lorsqu’on aborde l’usage des 2 roues, le sentiment d’insécurité prédominant pour les utilisateurs de motos et scooters (68 %), ainsi que les cyclistes (63 %). En gros, conclut l’enquête « il s’avère que, majoritairement, les Français n’envisagent le partage de la route qu’avec ceux qui utilisent le même mode de transport qu’eux ».

Le nœud du problème demeure entier aux passages piétons et même en dehors puisque la responsabilité d’un usager motorisé sera toujours engagée face un piéton, même le plus inconscient. Dès lors, près de la moitié des Français adoptent des comportements dangereux à l’abord des passages piétons, 45 % des conducteurs déclarent hésiter entre accélérer et freiner quand le feu passe à l’orange. De même, 45 % des piétons disent qu’il leur arrive régulièrement de traverser alors que le feu piéton vient de passer au rouge. « À l’heure où se
développent les zones de rencontre en ville, dit Julie Cabuzel, responsable prévention de GMF Assurances, ce sondage nous montre que le partage de la route est une notion encore théorique et pas encore très bien perçue par tous les usagers quels que soient leurs modes de déplacement. Peut-être faudrait-il leur redonner une responsabilité et revoir cette loi Badinter qui ne met pas les Français sur un pied d’égalité. »

 

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