Un article au titre trompeur sur les enregistreurs de données d’événements de la route (EDR) malicieusement appelés « boîtes noires »

La République du Centre du 11/06/2021 avec Stéphane Barnoin titre
Des boîtes noires obligatoires dans les véhicules neufs en 2022 : bientôt tous fliqués au

volant ? 

lire l’article sur le site de l’écho républicain

l’EDR n’a rien d’une boîte noire telle que l’on la connaît dans les avions. La notion de flicage est complètement fausse.

Le titre est donc trompeur car il insinue des notions qui sont démenties quand on lit l’article. C’est ce qu’on appelle sur le wab un putaclic (Se dit putaclic tout contenu ne respectant pas dans ses grandes lignes la promesse éditoriale suggérée par son accroche aguicheuse).

Voici ce qu’on peut lire dans l’article concernant les données:

2. Que va enregistrer l’EDR et quand ?
Le champ d’intervention sera bien plus réduit qu’avec les boîtes noires des avions, qui captent jusqu’aux conversations
dans le cockpit.
Dans sa version « véhicules motorisés », l’EDR enregistrera uniquement « la vitesse du véhicule, le freinage, la position et l’inclinaison du véhicule sur la route, l’état et le taux d’activation de tous ses systèmes de sécurité » (ceinture, alerte anti-collision, airbags, etc.). Pas question non plus de stocker les paramètres sur des jours ou même des heures. Le règlement limite la mémorisation à « l’intervalle de temps peu avant, pendant et immédiatement après une collision ».Concrètement, il devrait être possible de remonter une trentaine de secondes en amont d’un choc, et autant en aval, avec un système de mémoire glissante : les données s’auto-effaceront au fur et à mesure.

Quand à la notion de « flicage » elle est démentie:

3. Qui aura accès aux données ?
Sur ce point éminemment sensible, les autorités européennes ont fixé plusieurs garde-fous. L’EDR, indiquent-elles, devra « fonctionner en circuit fermé ». Les données seront « anonymisées et protégées contre la manipulation et les utilisations malveillantes ».
Une fois agglomérées, les statistiques pourront « être communiquées aux autorités nationales […] pour les seuls besoins de l’étude et de l’analyse des accidents » dans leur globalité. En clair, les compagnies d’assurance seront maintenues à l’écart.Seule exception : sur réquisition et pour éclaircir les raisons d’une collision, les forces de l’ordre pourront récupérer les données de tel ou tel véhicule impliqué.

L’auteur met certes un point d’interrogation mais cette subtilité typographique n’excuse pas la faute commise: si on ne lit pas l’article, le titre renforce la désinformation au sujet de l’EDR. Le point d’interrogation n’induit pas un doute sur la nature de l’EDR, au contraire le « bientôt » induit le doute sur l’échéance insinuant que cela va se faire mais dans combien de mois, combien d’années? C’est donc un plantage magistral du titre pour faire juste du buzz alors que le contenu est très bon.

Le bon titre était « Pourquoi l’EDR n’est pas une boîte noire et ne permet pas le flicage« .

L’utilisation du point d’interrogation a été tellement galvaudée par des personnes malhonnêtes pour affirmer des rumeurs sans vraiment vouloir en assumer les conséquences que la ficelle est trop grosse.  Le titre seul conforte les adversaires de l’EDR dans leurs convictions, ils ne liront pas l’article car ils sont déjà convaincus que l’EDR est une boîte noire qui fait du flicage. Pourquoi lire ce qu’on sait (ou plutôt croit savoir) déjà? 

 

 

 

 

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