Motards : la série noire dans le Nord Pas-de-Calais (7 morts en 6 jours)

Six motards ont perdu la vie en moins d’une semaine dans la région. Des drames qui s’inscrivent dans une période estivale traditionnellement meurtrière. Mais qui remettent surtout au centre du viseur la vitesse, avec le lancement, jeudi, d’une nouvelle campagne de la Sécurité routière à destination des motocyclistes.

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Ce sont les chiffres de drames humains insoutenables. En cinq jours, six motards ont perdu la vie dans le Nord – Pas-de-Calais. Le week-end dernier à Bouvigny-Boyeffles, Bousbecque et Hargnies, puis ce mercredi à Lestrem et à Hem. Nous avons par ailleurs recensé un nombre élevé de blessés dans des accidents de moto depuis le 1 er septembre, notamment à Lille, Calais, Dunkerque, Marquise, Boulogne, Cambrai et Boulogne-sur-Mer.
 
En cinq jours*, six motards ont perdu la vie dans le Nord-Pas-de-Calais. À Bouvigny-Boyeffles, Bousbecque, Hargnies, Lestrem et Hem. 
 
Le mois d’août avait déjà été endeuillé par des accidents similaires. Dans le Nord, quatre motards avaient perdu la vie, contre deux en août 2018. Tous véhicules confondus, le chiffre a également plus que doublé, passant de six à 14 décès. Le Pas-de-Calais n’avait pas été épargné non plus. Sur les huit derniers mois, le département déplore neuf décès. Sur toute l’année 2018, quatre morts avaient été recensés, soit deux fois moins en quatre mois de plus. Tous ces chiffres sont par ailleurs très supérieurs à ceux enregistrée au niveau national : + 18 %, soit 290 décès.
 
NOUVELLE CAMPAGNE
Si la Sécurité routière rappelle que l’été « est traditionnellement la période la plus meurtrière » pour cause de routes surpeuplées et de bikers moins harnachés à la faveur d’une météo estivale, elle dénonce une fois de plus « énormément d’excès de vitesse » chez eux. C’est pourquoi l’Intérieur a lancé jeudi à l’attention des motards une campagne autour de la « trajectoire de sécurité ». La place Beauvau rappelle par ailleurs que l’entrée en vigueur de la réforme du permis moto est pour janvier.

La préfecture du Pas-de-Calais va dans le même sens : « La principale cause de l’accidentologie ici est la vitesse, suivie de l’inattention et du non-respect des priorités. » Le mois dernier, les services d’État du 59 avaient déjà déploré – tous moyens de locomotion confondues cette fois –, « un relâchement des comportements avec de grands excès de vitesse ». En huit mois, la vitesse excessive y est redevenue la première cause d’accidents mortels (25 % des cas)… sur fond de radars mis hors-service « en quasi-totalité » par les Gilets jaunes.

Plus de la moitié d’entre eux ont à ce jour été réparés ou remplacés par le fameux radar-tourelle dans les deux départements, selon un chiffrage que nous avons mené cet été dans le Nord – Pas-de-Calais. Ces machines, concède le président de la Ligue contre les violences routières Hervé Dizy, sont « plus performantes sur les motos ». Sans manquer d’ajouter que, selon les statistiques menées par son association, « ces nouveaux modèles à 40 000 euros pièce sont systématiquement détruits, même installés à quatre mètres de hauteur ».
 
* Ce samedi 21/09/2019 une septième victime à Samer (62) s’est ajoutée à la liste (cf plus bas)
 
 

Les radars… inutiles ? 1
Pour Hervé Dizy, président de la Ligue contre les violences routières, seuls les dispositifs de dernière génération pourraient avoir un effet préventif sur les motards, parmi lesquels des « irréductibles » contribuent à ce que leur vitesse moyenne n’ait que très peu baissé depuis 2002.

Pour lui, si la destruction des radars a pu jouer sur le comportements irresponsable des automobilistes… Très peu pour les motards. «De toutes façons ils ne les respectent pas», assure le président. Qui tient toutefois à souligner qu’une grande majorité d’«invisibles», sont «respectueux», occultés médiatiquement part les «irréductibles de la vitesse». Ces derniers «font que les motards sont les seuls, avec les véhicules utilitaires légers, à ne pas avoir diminué leur vitesse moyenne depuis 2002, alors que celle des automobilistes a baissé de 11 %» 2, constate-t-il. Parmi les solutions que l’associatif de Roncq préconise : la mise en place de radars permettant de mesurer le différentiel de vitesse entre une moto et les voitures qu’elle double en «interfile». Pour lui, c’est uniquement à ce prix que cette pratique, banale sur les rocades et autres périphériques, peuvent être tolérées. Hervé Dizy demande également plus de radars embarqués, c’est-à-dire installés dans des voitures de police banalisées.
 
Quid des radars-tourelle, qui remplacent dans la région ceux de l’ancienne génération détruits par les Gilets jaunes ? Plus efficaces, selon le spécialiste, notamment parce qu’ils permettent d’avoir une vue d’ensemble, jusqu’à huit voies.

1: les radars fixes sont devenus inefficaces depuis que conducteurs qui veulent échapper aux contrôles se sont équipés massivement d’avertisseurs communautaires de radars (Coyote par exemple) ou d’applis sur smartphone (Waze par exemple).

2: la baisse de la vitesse moyenne grâce aux radars est de 11%, ce qui a entraîné une baisse de la mortalité de 44%, ce qui démontre la validité du modèle de Nilsson Elvik qui explique qu’une baisse de 1% de la vitesse moyenne entraîne une baisse de la mortalité de 4%


Une motarde de 46 ans se tue dans un accident sur la départementale à Samer

L’axe est connu pour être dangereux. Ce samedi en tout début d’après-midi, une motarde de 46 ans a chuté à la sortie du virage de la départementale menant vers Samer. L’accident s’est produit en bas de la descente, au niveau du lieu-dit Pillebois.

Le deux-roues est, selon les premiers éléments, le seul véhicule en cause. La moto a semble-t-il glissé sur la chaussée, éjectant sa conductrice, une femme originaire de Doudeauville. Malgré l’intervention des pompiers de Desvres, de Boulogne et du SMUR de Rang-du-Fliers, la quadragénaire est décédée sur place suite à un arrêt cardio-respiratoire.

La gendarmerie était sur place, une enquête devrait être ouverte pour déterminer les circonstances de l’accident. Le premier adjoint, Christophe Douchain, s’est également rendu sur les lieux de l’accident.

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