Aux Pays-Bas, la vitesse sur les autoroutes bientôt abaissée à 100 km/h

France Inter 12/11/2019
Le gouvernement néerlandais devrait confirmer mercredi l’abaissement de la vitesse sur les autoroutes des Pays-Bas à 100 km/h, dans la journée entre 6h et 19h. Une mesure pour limiter les émissions d’azote contre lesquelles le pays est en guerre.
C’est une décision qui aurait du mal à passer en France tant l’abaissement de la vitesse à 80 km/h a été contesté. 

Inimaginable chez nous donc, mais presque déjà fait aux Pays-Bas : le gouvernement doit annoncer mercredi l’abaissement de la vitesse maximale sur les autoroutes à 100 km/h, comme l’explique le quotidien néerlandais NRC.
Cette mesure ferait partie d’un arsenal pour lutter contre les émissions d’oxydes d’azote. Dorénavant, il ne sera donc plus possible de rouler à 130, excepté la nuit, après 19h et jusqu’à 6h. En journée, la vitesse de circulation sera obligatoirement sous les 100 km/h.
Depuis 2012, la vitesse maximale avait été portée à 130 km/h sur les autoroutes contre 120 précédemment. Mais beaucoup de sections sont déjà à 120 ou 100 km/h, parfois même 80. Il faut également noter que la Randstad, ensemble urbain contenant Utrecht, Amsterdam, La Haye et Rotterdam n’était déjà pas concernée par cette limitation à 130 km/h et qu’il est, de toute façon, difficile d’atteindre cette vitesse tant les bouchons sont importants dans cette partie du pays, explique Pierre Bénazet, correspondant de Radio France au Bénélux.

Lutte contre les émissions d’azote
Ce n’est pas agréable, mais nous devons empêcher la construction de maisons et de routes de s’effondrer”, a estimé Klaas Dijkhoff, le chef du parti majoritaire, le VVD. En effet, le gouvernement souhaite utiliser le gain d’une telle réduction de la vitesse pour pouvoir relancer de nombreux projets de constructions. En mai dernier, rappelle Arte, la justice avait en effet condamné les Pays-Bas à tenir les engagements pris en 2015 pour la protection des zones naturelles du pays. Il avait réclamé une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre et notamment des oxydes d’azote.

Pour faire face et répondre à ce problème, le gouvernement avait pris des mesures qui touchent le secteur agricole – qui a d’ailleurs manifesté début novembre – et, depuis le mois de mai, le secteur de la construction. Selon NRC, 18 000 projets immobiliers ont d’ailleurs été arrêtés pour tenter de réduire ces émissions d’azote. Des immeubles d’habitation, des centre commerciaux en construction et même certains travaux de rehaussement des digues sont au point mort en raison des émissions jugées trop importantes des engins de chantier.

Il reste beaucoup à faire” estime le Premier ministre Mark Rutte, qui doit présenter en décembre un ensemble plus vaste de mesures.

Lutte pour le climat : Bientôt 100 km/h au maximum sur les autoroutes des Pays-Bas (Le Monde 13/11/2019 Jean-Pierre Stroobants)
Malgré de vives tensions politiques au sein de sa coalition, le gouvernement de Mark Rutte a donné son feu vert, mardi, à une réduction de la vitesse maximale.
Il aura fallu de longues discussions pour y parvenir mais, malgré de vives tensions politiques et pas mal de polémiques, le gouvernement néerlandais a décidé, mardi 12 novembre, de fixer à 100 km/h au maximum la vitesse sur les autoroutes. La vitesse maximale actuelle – 130 km/h – ne sera plus autorisée que de 19 heures à 6 heures du matin.

La législation, censée entrer en vigueur dans quelques mois au plus tard, fera de la législation du royaume l’une des plus sévères en Europe : actuellement, seule Chypre applique une limitation générale à 100 km/h. L’Estonie fixe 90 km/h, mais 110 durant les mois d’été. Et la Finlande module les limitations entre 80 et 120 km/h. Dix pays, dont la France, appliquent la règle des 130 km/h.

Hostilité au sein de la coalition
La coalition du libéral Mark Rutte, auteur d’un ambitieux « Plan climat » visant à réduire les émissions, débattait depuis des mois de mesures concrètes concernant le logement, l’élevage intensif de porcs et de bovins, des projets de grandes infrastructures contre la montée des eaux, la protection des ressources naturelles ou la conversion des autobus roulant au diesel à des énergies propres. L’ensemble devrait être présenté mercredi. C’est toutefois le projet de réduction de la vitesse qui a focalisé l’attention. 

Outre la limitation sur l’ensemble du territoire (la mesure finalement adoptée mardi), une modulation selon la proximité des autoroutes avec des zones naturelles protégées avait été envisagée. Cette option n’a finalement pas été retenue. Le gouvernement devait également tenir compte de son projet de bâtir, à partir de 2020, 76 000 nouveaux logements à faible consommation d’énergie dans des zones qui risquaient d’être trop proches du réseau autoroutier.

La fragile coalition de M. Rutte, composée de quatre partis, devait en outre tenir compte de ses divisions : le parti libéral du premier ministre ne cachait pas son hostilité quand d’autres composantes de sa majorité, comme les jeunes du parti centriste D66, prônaient une limitation générale à 80 km/h. Des provinces songent, quant à elles, à faire passer la vitesse maximale sur des routes secondaires de 80 à 60 km/h.

Mesure bénéfique
Du côté du parti du chef du gouvernement, hostile au début de la discussion, on paraît se résigner. « Ce n’est pas amusant, mais c’est bien », a fini par conclure Klaas Dijkhoff, chef du groupe des députés libéraux.
Reste à déterminer quelle sera la réaction des automobilistes à une mesure présentée, par ailleurs, comme bénéfique pour la sécurité routière : on estime qu’une vitesse ramenée à 100 km/h permettrait de réduire de 95 % le nombre d’accidents graves et d’éviter de nombreux décès. Les premières réactions glanées sur les sites d’information indiquent que les Néerlandais seraient plutôt favorables à la réforme.

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