Assez de désinformation, c’est de la pollution intellectuelle mais aussi de la pollution environnementale

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Régulièrement la désinformation utilise des chiffres réels mais présentés de façon à tromper les lecteurs pour faire monter la grogne envers le pouvoir en place. Prenons pour exemple cet affichage qui apparaît régulièrement depuis des années. 

Les chiffres bruts des morts en France paraissent des données objectives mais comparer tels quels les chiffres passe sous silence certaines réalités, il faut comparer ce qui est comparable:

sur la route on meurt souvent par le fait d’un mauvais comportement d’une autre personne (exemple alcoolisé qui tue mais qui s’en sort indemne). Mourir par la faute d’un autre parce qu’il a bu, qu’il était distrait par son téléphone, qu’il textotait sur son smartphone, qu’il était pressé, etc… des mauvais comportements idiots facilement évitables, mourir à cause de l’imbécillité d’un autre, perdre un proche à cause d’une idiotie, ce n’était pas une fatalité, c’était facilement évitable. C’est d’autant plus évitable quand le conducteur responsable récidive car il n’a pas compris son erreur. Le sentiment que la personne disparue est morte pour rien qui est dévastateur. Il y a aussi ces réflexions des coupables qui rejettent la faute sur la victime en déclarant: « mais que faisait-elle sur ma route? ». C’était avec de l’éducation et le respect de la vie des autres que l’on va améliorer la situation. 

– les morts sur la route sont plus jeunes tandis que les cancers, maladies cardio vasculaires raccourcissent la fin de vie en touchant les plus âgés, le vrai ratio à prendre en compte est celui du nombre d’années de vie perdues, l’accident de route se hisse alors au même niveau que le tabac et l’alcool.

nous pouvions facilement arriver à 2000 tués en 2020 au prix d’efforts peu importants et peu coûteux. Le manque de courage politique de Hollande et Cazeneuve ont empêché d’atteindre un objectif défini par Manuel Valls tout à fait possible. Cazeneuve avait décidé de relancer des études mal ficelées alors que les études précédentes étaient concluantes pour refiler la prise de décision aux successeurs. La réduction à 80 km/h avait été préconisée par les experts en 2013, nous avobns bêtement perdu 4 ans, ce sont des milliers de vies qui ont été perdues, des dizaines de milliers de blessés dans les hôpitaux qui auraient été épargnés, des milliers de drames familiaux évités. 

le coût de l’insécurité routière était de 50.000.000.000 € en 2016 selon le rapport de l’ONISR. Investir quelques millions pour éviter de gaspiller des dizaines de milliards, c’est le rapport le plus le plus profitable. Pour réduire la mortalité dans les autres domaines il faudrait investir des milliards pour arriver à des résultats tangibles (exemple maladies nosocomiales où il faudrait plus de personnel soignant pour compenser le temps passé à se désinfecter entre chaque malade) 

parmi les 1330 morts reportées d’accident du travail près de la moitié sont des accidents de la route (source CARSAT, trajets domicile-travail en majorité).

Les rengaines des dénonciations de la répression outrancière de l’état par les « radars tire-lire » sont en fait l’admission que tous les Français sont des idiots qui ne comprennent que la sanction. Accepter telle quelle cette désinformation c’est reconnaître que l’on est tombé dans le piège des populistes qui martèlent des slogans simplistes mais faux.

Le problème est qu’il faut consacrer beaucoup plus d’efforts et de temps pour expliquer ce qui est vrai: « Une idée fausse, mais claire et précise, aura toujours plus de puissance dans le monde qu’une idée vraie, mais complexe. » (Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique)

Il faut stopper les chaînes de mails de désinformation, les réseaux asociaux se nourrissent de la haine de l’autre, de l’ignorance, du rejet de ce que l’on ne comprend pas et que l’on ne veux pas chercher à comprendre car il faut réfléchir. 

 

Quand à cette affirmation que l’automobiliste est la vache à lait de l’état, un simple graphique permet de comprendre qu’il n’en est rien:

Les recettes des PV (1,8 milliards d’euros) sont très minimes dans les recettes totales (292 milliards d’euros), si les conducteurs sont des vaches à lait c’est plutôt à cause de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (24,5 M€). Le coût de l’insécurité routière de 50 milliards d’euros calcul par l’ONISR surpasse largement le produit des PV. En diminuant de 50% la mortalité routière, on réduirait certainement de 25 milliards ce coût, soit quasiment 14 fois plus que les recettes des PV. Si l’accidentalité diminuait il faudrait aussi que les primes d’assurance baissent.

Réduire de 10% la consommation en carburant en roulant moins vite génère une réduction supérieure au total des PV. 

Autrement dit la réduction de vitesse sera largement plus favorable aux conducteurs que toute augmentation des PV ne pourrait les appauvrir, du moins ceux qui transgressent le code de la route. 

Il suffit bien évidemment de respecter les limitations pour ne pas payer. Ce n’est pas un « racket » ou une « taxe », c’est simplement le fait de faire payer ceux qui ne respectent pas les lois. Serait-il juste de faire payer tous les conducteurs pour financer le système de contrôle-sanction  qui n’est justifié que par le mauvais comportement de certains?

Les populistes agitent le chiffon rouge des peurs injustifiées, au mépris des réalités. 

Cette désinformation pollue les esprits mais aussi la planète: ces mails pourris (spams) remplissent les messageries qu’il faut passer son temps à nettoyer, c’est une énorme consommation d’énergie et une perte de temps, c’est l’équivalent de la consommation de millions de véhicules. Nous payons cela avec nos factures d’internet et d’électricité, les désinformateurs ne supportent pas le coût de cette pollution.

En stoppant ces chaînes de mails vous agissez aussi  pour la planète. 


Hervé Dizy

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