BRUXELLESDans une ville embouteillée comme Bruxelles, les applications mobiles telles que TomTom Go ou Waze constituent bien souvent une aubaine pour les automobilistes. En effet, ces applications permettent aux usagers de mentionner les éventuels contrôles de police, embouteillages et chantiers en cours et proposent dès lors des chemins alternatifs.

Seul bémol : ces routes alternatives mènent bien souvent les automobilistes dans des axes secondaires et résidentiels, au détriment de la qualité de vie des riverains. Les autorités locales plaident donc pour une meilleure collaboration entre ces applications et les pouvoirs publics afin de remédier à cette situation.

La situation concerne particulièrement les communes situées en périphérie de la Région bruxelloise. « Quand le ring est bouché, ce qui arrive quotidiennement, les applications mobiles redirigent les automobilistes à travers notre commune et comme l’entité est petite, les effets se font directement ressentir », déplore Walter Vansteenkiste (LB), bourgmestre de Wemmel. « Et comme un nombre croissant d’automobilistes a recours à ces applications, le problème va continuer à s’aggraver ! »

D’autres communes touchées

Une problématique ressentie également dans la commune de Rhode-Saint-Genèse, située au sud de Bruxelles. « Notre commune est une victime collatérale des progrès en matière d’outils technologiques dans la mesure où effectivement, nous avons un report du trafic dans des quartiers résidentiels et cela nous pose des problèmes dans des artères où, par exemple, la circulation n’est pas autorisée aux véhicules de plus de trois tonnes. Or, l’application n’en tient pas compte et les conducteurs de poids lourds empruntent ces chemins de bonne foi, sans savoir que c’est interdit », explique Pierre Rolin (CDH), bourgmestre de Rhode-Saint-Genèse.

A la recherche de solutions

La commune de Wezembeek-Oppem connaît également cette situation. « D’importants travaux sont en cours de réalisation sur l’avenue de Tervueren et les applications de navigation envoient beaucoup de trafic de transit dans nos rues. De plus, comme les gens se sont au préalable retrouvés bloqués dans la circulation, ils sont pressés et traversent la commune à toute vitesse, sans tenir compte des limitations de vitesse. Cela devient un réel problème en matière de mobilité dans la commune », explique Frédéric Petit (MR), bourgmestre de Wezembeek-Oppem. « Nous sommes en train de chercher des solutions avec la Province du Brabant flamand pour dissuader ce trafic de transit et indiquer, sur les applications mobiles, les zones à vitesse limitée qui ne sont pas toujours mentionnées. »

Bernard Clerfayt (Défi), bourgmestre de Schaerbeek: « Un meilleur échange d’informations »

Jusqu’à présent, aucune législation ne permet d’encadrer ce type d’application : « Il est impossible d’empêcher le progrès technologique. La seule réponse à apporter consiste à élaborer un plan de circulation intelligent sur le territoire communal avec un vrai échange d’informations entre ces applications et les autorités locales, afin de préserver les petites rues et quartiers résidentiels , préconise M. Clerfayt. Grâce à un bon transfert d’informations, l’application éviterait les petites rues et tiendrait compte de la capacité des voiries à accueillir des véhicules de plus de trois tonnes, évitant ainsi d’impacter la qualité de vie des riverains. »