HALLUIN (59) Le piéton lui demande de se calmer, le chauffard lui brise un bras

Violence et mensonges, certains conducteurs ne reculent devant rien. C’est l’expression la plus honteuse d’un total mépris pour les autres et plus particulièrement pour les usagers faibles d’un individu bas du plafond au volant d’un bolide qui entend faire respecter la loi du plus fort.  Absurde et dangereux.

Un automobiliste a été condamné à dix mois de prison, dont six avec sursis, sans mandat de dépôt, pour avoir violemment fait chuter un septuagénaire qui lui faisait signe de ralentir.

Le problème avec le mensonge est qu’il reste souvent collé à son auteur comme un mauvais chewing-gum à une semelle. Le 14 avril dernier, un homme de soixante-dix neuf ans attend le bus rue de Lille, à Halluin. Une Golf arrive en trombe. Le retraité adresse un geste à l’automobiliste. Pour ce piéton comme pour quelques témoins sur place, le message est clair : du calme, s’il vous plaît. Levez le pied !

L’infortuné chutera violemment

Le pilote de la Volkswagen réagit en pilant net. Après une marche arrière musclée, l’automobiliste abordera son interlocuteur de façon virile. D’abord, une injure. Puis, dans la foulée, une main sur l’épaule du retraité, une autre sur le visage, une immense poussée. L’infortuné chutera violemment. Conséquence, une fracture du coude gauche et, presque deux mois plus tard, toujours une attelle.

M. H. sera rapidement repéré grâce à l’immatriculation de son véhicule. Face aux policiers, il commencera par nier toute confrontation avec le blessé. «  Je prête beaucoup ma voiture à ma famille ou à mes amis  », met en avant le suspect. Pas de chance, la victime tout comme des passants le reconnaissent formellement.

Il tente de jouer les victimes

Face à la présidente Geneviève Créon, M. H. n’a pas d’autre choix que la sincérité. «  Je reconnais les faits  », admet le colérique. L’homme tentera bien de jouer les victimes. «  J’ai cru à un geste indélicat, assure d’abord l’automobiliste nerveux. Cet homme m’a insulté, aussi.  » La réaction de la victime sera sobre. «  Je n’ai pas eu le temps de parler, soupire l’accidenté. J’aurais bien aimé lui dire quelque chose.  »

Quoi qu’il en soit, avec toutes ses volte-face, M. H., défendu par Charles Lecointre, aura bien du mal à convaincre les magistrats. Sanction : dix mois de prison, dont six avec sursis, sans mandat de dépôt, et 4 500 € à verser à la victime.

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